Ironman 70.3 Tremblant

Le triathlon Ironman 70.3 de Tremblant est déjà derrière nous depuis plus d’une semaine, mais je n’ai pas vraiment eu l’occasion de prendre du temps pour décrire ma première expérience à cet événement.  La procrastination pour la mise en ligne du site est la principale raison pour laquelle je n’ai pas travaillé sur ce texte (il reste encore bien du travail à faire sur le site, mais avoir du contenu c’est assez important aussi)…on parle vraiment de procrastination quand le téléchargement, l’installation et la configuration de WordPress se fait en bas de 10 minutes pour quelqu’un qui est à l’aise avec les outils!

Je m’éloigne du sujet; c’est mon premier rapport de course du genre alors ça risque d’aller dans tous les sens..accrochez vous bien (oui, je me suis relu et ça va bel et bien dans tous les sens)!  J’avais la date du 26 juin bien en tête plusieurs semaines avant l’événement. Je suis le genre de personne qui lit tout ce qu’il y a de disponible sur une compétition afin d’être certain de savoir exactement quoi faire, où aller et à quoi m’en tenir venu le jour J.  Cette habitude n’a fait qu’augmenter mon stress, mon angoisse et mon excitation dans les deux dernières semaines précédant le 70.3. Je crois que je ne m’étais pas senti ainsi depuis mon premier marathon en 2011. La peur de l’inconnu par rapport à l’ampleur de l’épreuve qui se présente y était pour beaucoup.

Préléminaire

Il serait facile d’écrire sur tout ce qui m’est passé par la tête avant la course, mais…Fast-Forward…Jour J!  Comme à mon habitude, je m’endors profondément rapidement, mais je me réveille vers 12am-1am pour somnoler jusqu’au réveil à 4h15. Je n’ai pas beaucoup dormi, mais l’adrénaline est là pour bien me réveiller. Pas vraiment de changement dans ma préparation de matin de course. Je suis rendu sur le site à 5h45 et je me vais immédiatement préparer ma zone de transition.  Après 5 minutes tout est en place, mais il me semble que ça n’a pas pris assez de temps! Je dois forcément avoir oublié quelque chose.  Je répète mes deux transitions et tout semble être en ordre.  Advienne que pourra est un des mots d’ordre de la journée!  Je termine le marquage et lorsque je reviens à la voiture (qui est à 2mins du départ de natation) il n’est que 6h30.  La course débute à 8am et mon départ n’est que 52mins plus tard! Je décide donc d’aller me reposer dans la voiture une petite heure. Je me prépare tranquillement à travers tout ça. 15 minutes avant le départ des pros je me rends sur la plage pour finaliser ma préparation. Une fois le départ officiel donné, je vais nager un peu pour m’activer un peu et m’assurer que mon wetsuit est bien en place.  Les 52 minutes entre le départ officiel et le miens passent en un temps record.  8h49 et sans que je ne sache vraiment comment je me suis rendu là je suis dans la zone réservée aux départs avec la moitié des 35-39 ans avec les jolis casques de bain blanc!

Nage

Le départ est donné à 8h52 juste. Comme à mon dernier (et seul) triathlon, je me positionne à l’extérieur (à gauche) dans le milieu du peloton. J’ai tendance à dévier vers la droite alors c’est plus simple pour la “ligne”. Les premiers 100m où tout le monde est ensemble se passe bien et je ne reçois pas trop de coups (rien qui me dérange ou que je n’ai pas expérimenté en bain libre!!).  J’essaie de me concentrer afin de trouver un bon rythme soutenable.  C’est pas mal plus compliqué à la natation de vérifier si on est “on-pace” par rapport à nos attentes! Je ne sais pas à quelle vitesse je nage, mais je sens que je travaille beaucoup trop pour ce rythme. J’essaie de modifier mon mouvement pour qu’il soit plus long et smooth, mais rien n’y fait vraiment.  Je n’en suis même pas à 250m et j’ai un doute que ça ne sera pas la nage du siècle. Je ne m’attendais à rien, mais peut-être au moins d’égaler mon pace de mon dernier triathlon, soit 1:45/100m (alors que dans les séances de RedMist avec SwimSmooth je suis sur un pace de 1:41…sans wetsuit).  Bien que je me sentais plutôt à l’aise, c’est peut-être le wetsuit qui a causé ce changement de technique; je n’avais eu l’occasion de l’essayer qu’une seule fois auparavant cette année.  Où est-ce que j’en étais?  Ah oui, à 250m! À partir de là, je ne change rien à ma technique, c’est ça qui va me rendre au bout des 1900m. Un peu avant la première boué où il faut tourner à droite, je recommence à accrocher des gens et à taper des pieds. Je me rend vite compte que j’ai rattrapé la vague précédente vu la couleur des casques de bains que je vois. En faisant du repérage un peu plus loin je me rend compte qu’il y a maintenant pas mal de monde devant et qu’il va falloir naviguer autour.  Somme toute, les dépassements vont bien et je termine la nage avec 1930m à mon GPS; hourra pour le repérage! Pour ce qui est du temps, 33:37 (1:44/100m), 75e de mon groupe d’âge. C’est très respectable compte tenu d’où j’en étais avec la nage il y a à peine 2 ans. J’aurai atteint mon objectif de vitesse, mais je pensais pouvoir faire mieux que ça, surtout avec un wetsuit. J’ai encore du travail à faire et des minutes à gruger…ça tombe bien car la natation, j’aime ça de plus en plus!

Prochaine fois je garde mon casque de bain ou je demande aux wetsuit peelers de me faire une mise en pli rapide!

T1 (transition Nage->Vélo pour les néophites!)

Commence le 4e sport du triathlon, le seul que l’on répète à deux reprises pendant la compétition: les transitions! Rendu au bout de ma nage (j’ai vraiment nagé jusqu’à ce que mes mains grattes le fond de la plage…peut-être un peu trop excessif!) je me relève droit comme une barre d’un coup sec. Tout va bien, mais j’ai un léger étourdissement car ça fait quand même plus d’une demi-heure que je suis à l’horizontale. J’enlève le haut de mon wetsuit, je commence à jogger et je vois les wetsuit peelers. Je suis capable d’enlever mon wetsuit rapidement tout seul, mais je ne réfléchi pas, me couche sur le dos et en 5 secondes mon wetsuit est parti…efficace ces éplucheurs! Commence le jog interminable d’environs 600m vers la zone de transition pour se préparer pour le vélo.  Une fois entré dans la zone de transition, je retrouve aisément mon vélo et me prépare assez rapidement en étant certain de m’étendre la moitié de mon tube de crème solaire sur le corps (j’exagère à peine!).  Je ne suis pas à l’aise de commencer le vélo avec les souliers déjà clippé sur les pédales alors je les enfiles, prend mon vélo et jog vers la ligne d’embarquement (je gagnerais quoi si je perfectionnait cette technique…quelques dizaines de secondes?). Hop sur le vélo, transition de 4:45; j’aurais peut-être pu courir un peu plus vite et faire ça en 4:00-4:15?

Vélo

Je commence le vélo assez tranquille afin de voir comment je me sens et comment ça se passe avec tous les gens sur le parcour. Je dépasse beaucoup de monde. Est-ce que je pousse trop et suis trop agressif? C’est une erreur classique de triathlon, surtout en longue distance. J’ai déjà fait la distance sur ce parcour et je sais que dans 90km j’aurai les jambes qui brûlent, mais toujours fonctionelles.  Je compte sur l’adrénaline et l’effet “jour de course” pour que tout tienne alors je continue à la même vitesse. La montée Ryan passe très rapidement et j’arrive à l’endroit que je redoute le plus, la descente de La Conception (avant la rivière Rouge). Si on ne freine pas et qu’on se donne un peu, c’est facile d’atteindre 80 km/h, mais l’ayant fait trois fois auparavant, il arrive toujours un point ou mon vélo se tasse de gauche à droite à gauche des petites rafales de vent (ou je ne sais quoi) que mes roues attrapent. Je finirai donc encore sur les freins et attendrai une pointe de 63 km/h. La suite du parcour est une belle occasion pour prendre un bon rythme avec des bonnes sections plates. Je “m’amuserai” à dépasser et à me faire redépasser avec certains autres cyclistes. L’un d’eux, après m’avoir dépasser, se place devant moi comme il est dans son devoir, mais il restera là sans trop accélérer.  Il roule bien et je n’ai pas la puissance pour le dépasser. Je suis “collé” dans sa roue (environs 3-4m nous sépare) et je sais qu’il est dans ma responsabilité de laisser un espace raisonable (12m (!!) selon le règlement officiel), mais je n’arrive pas à me convaincre de ralentir pour lui donner de l’espace. J’aurai ma leçon, car un arbitre à vélo aura tout vu et me donnera une pénalité de 5 minutes. Il m’explique très bien la procédure (tout en roulant avec moi à environs 38-39 km/h sur cette section!) et, comme la seule fois où je me suis fais arrêter par la police, je lui ai presque dit “merci” à la fin. J’ai maintenant 5 minutes à “rattraper” et je fini par dépasser solidement celui qui m’a causé la pénalité (ce n’est pas de sa faute, je sais!). Bonne dose d’adrénaline cette pénalité. Je m’arrêterai plus loin à la tente de pénalité pour écouler le temps. Le reste de l’épreuve à vélo se fera relativement bien; la Montée Duplessis s’occupant bien de me brûler les jambes et me rappeller que je dois aller courir bientôt. La course après 90km de vélo à haute intensité, ça sera une première et je m’efforce de ne pas y penser, car je n’ai pas envie d’y aller courir! Retour chemin des Voyageurs, enlève les pieds des souliers, saute en bas du vélo juste avant la ligne de débarquement et voilà, c’est fait.  2:39:27, 33.9km/h (sans pénalité: 2:34:27, 35.3km/h); je suis maintenant 51e.

T2 ( vous vous en doutez…transition Vélo->Course!)

Je commence à enlever mes pieds de mes souliers dès le retour sur le chemin des voyageurs, soit environs 400m avant la ligne. Peut-être trop tôt, mais encore une fois, probablement seulement quelques secondes de gagnées. Le chemin optimal pour me rendre à mon emplacement est bloqué alors je prends un autre chemin qui me fait revenir sur mes pas sur environs 10m..d’autres secondes! Tout va assez vite pour tout enlever l’équipement vélo et me préparer à courir. Je me re-badigeonne de crème solaire, je termine le contenu de ma bouteille de gatorade et hop c’est parti…ou presque; petit arrêt toilette car j’ai bu beaucoup sur le vélo et je ne l’ai pas juste suer on dirait!

Course

Le feeling immédiat n’est pas désagréable, je le connais de part les séances d’entraînement de brick. Il y a une station de ravitaillement dès le début et je m’empresse de faire le plein de glaçons pour les mettre dans ma casquette. Je pensais que ça serait très froid, mais je sentais à peine la fraicheur. Le parcour est très exigeant jusqu’au petit train du nord, mais même si “je ne le sent pas” côté jambe et vitesse, je dépasse des masses de gens. Je suis toujours surpris de la vitesse à laquelle je peux courir après le vélo et je ne me surprends pas de voir du 4:20. Je n’ai pas d’objectif de vitesse et j’opte pour la sécurité ne sachant pas à quoi m’attendre avec la distance à et la température. Le pace se stabilisera à 4:30-4:40 et ça sera confortable à partir du 7-8ekm. Je marche chacune des stations de ravitaillement pour boire de l’eau, prendre de la glace et avaler quelques gorgée de Coke!! Je trouvais ça un peu ‘ouach’ de l’extérieur, mais en plein dedans et n’étant plus capable de prendre une autre gorgée de Gatorade, ça faisait bien la job. Je n’ai pas osé le RedBull…peut-être une autre fois! Une fois de retour au village, tout passe très vite et je me rend compte à quel point nous avons monté à l’allée. Je sais qu’il reste la finale où il faut tout remonter le village pietonnier du bas des pentes.  Ça se fera sans trop de problème sachant que je suis dans le dernier km. La foule est partout, c’est incroyable. En redescendant vers l’arrivée, le corridor ne doit pas faire plus de 2m de large et c’est comme si tous les spectateurs nous faisaient une haie d’honneur; en plus de tous les high-five des enfants. 1:40:39 et je termine 38e de mon groupe d’âge.

Mon bras gauche qui fait toujours à sa tête!

Finish

C’est fait! Très mini célébration à l’arrivée, ça se passe plus dans ma tête. Comme dans toute course, on nous dirige rapidement plus loin pour ne pas embouteiller.  Médaille, je la veux ma médaille!  Je la porterai presque tout le reste de la journée question d’étirer le plaisir car même si c’est une épreuve de 5h, ça reste éphémère lorsque l’on compare au nombre d’heures qui ont été investies à l’entrainement. Médaille au cou, j’entre sous la tente où tous les finishers se retrouvent. Je vois des plateau de bouffe partout avec des saucisses et des poutine et bien que je n’ai pas vraiment faim je réalise qu’il est passé 14h et que mon dernier vrai repas remonte à presque 10h plus tôt! Je mange, pas trop car mon estomac n’est probablement pas prêt pour ça, je décompresse un peu et je sors car il y a des gens qui étaient là pour moi qui doivent m’attendre!

Merci!

Si vous êtes rendu ici, je vous remercie du temps que vous avez pris pour lire ce texte qui allait dans tous les sens; je vais tâcher de m’améliorer et de bien faire la part des choses! Ce n’est pas que ce n’était pas sincère, mais le plus grand remerciement revient à ma famille qui m’encourage et surtout s’ajuste aussi quand l’horaire est un peu chamboulé à cause de moi, mes amis et mes collègues qui partagent certaines de mes passions ou patiente à m’écouter raconter mes histoires. J’ai eu une pensée pour chacun d’entre vous pendant la compétition et nul aucun doute que ça m’a aidé à me raisonner du pourquoi je faisais tout ça et de pousser un peu plus! On remet ça!

Résultat officiel